On change d'angle : jusqu'ici, les cas pratiques portaient sur une page à la fois (un audit, une rédaction). Cette fois, on prend de la hauteur et on regarde un site dans son ensemble. Le contexte : un site e-commerce de joaillerie, plusieurs années d'historique, 7 586 pages indexées par Google, ~32 000 clics et 6 millions d'impressions sur les 90 derniers jours. Pas mal du tout sur le papier — mais qu'est-ce qui rapporte vraiment, et qu'est-ce qui plombe le site sans qu'on le sache ? C'est exactement le job du module Santé SEO.
On déroule la méthode complète : connexion Google Search Console, choix de la période, lecture du diagnostic et tri des actions par priorité. Toutes les captures et les chiffres de cet article viennent d'un vrai audit. Les URLs ont été anonymisées — les métriques, elles, sont réelles.
Étape 1 — Connecter Google Search Console
Le module Santé SEO travaille sur vos données Google Search Console (GSC) : clics, impressions, CTR et position moyenne, croisés au grain requête × page. Premier passage obligé donc : brancher votre compte Google. Direction Mes intégrations dans votre espace, puis bouton de connexion. C'est de l'OAuth officiel, en lecture seule : Horusium ne peut absolument rien modifier sur votre Search Console, ni sur votre compte Google.
Vous pouvez connecter plusieurs comptes Google (perso, agence, clients), et choisir à chaque audit lequel utiliser. Pratique quand on jongle entre plusieurs projets.
Étape 2 — Lancer l'audit
Direction la page Santé SEO, bouton Nouvel audit. Trois choix : la propriété GSC à analyser, le compte Google si vous en avez plusieurs, et la profondeur d'analyse :
- 90 jours — vision récente, idéale pour un bilan trimestriel ou un audit « à la louche » avant de creuser ;
- 180 jours — bon compromis si votre activité a une part de saisonnalité ;
- 365 jours — vision annuelle, parfaite pour un bilan de fin d'année ou pour un site très saisonnier.

Ici, on part sur 90 jours : c'est un premier audit, on veut une photo récente avant d'investir le temps d'un audit annuel. Pour info, sous le capot, Horusium récupère toutes vos requêtes GSC sur la période, analyse chaque couple requête × page, détecte les cannibalisations, calcule un score de valeur SEO par page et un plan d'action priorisé. Un audit complet prend une à quelques minutes selon la taille du site et la profondeur choisie.
Coût : 1 crédit.
Étape 3 — Lire le Dashboard
Audit terminé. Le Dashboard est organisé en trois blocs qu'on lit de haut en bas.

Performance globale
Cinq cards alignées : clics, impressions, CTR moyen, position moyenne, nombre de requêtes captées. Sur notre site : ~32 000 clics, 6 077 076 impressions, CTR moyen 0,52 %, position moyenne 10,7, 64 217 requêtes distinctes. La position moyenne et le volume de requêtes confirment que le site capte beaucoup, mais le CTR très bas annonce déjà la couleur : il y a du déchet.
Indicateurs santé
Trois cards de qualité, plus parlantes que les volumes bruts :
- Pages qui rapportent du trafic : la part des pages qui ont obtenu au moins un clic sur la période. Ici : 30,8 %. Autrement dit, sur 7 586 pages indexées, 5 252 n'ont jamais reçu un seul clic en 90 jours. Voilà le vrai sujet du jour.
- Concentration du trafic : la part des clics captée par les 10 % de pages les plus performantes. Plus ce chiffre est élevé, plus le SEO repose sur un petit noyau : fragile.
- CTR vs moyenne des sites : votre CTR comparé au CTR moyen observé sur l'ensemble des sites audités à la même position SERP. C'est un indicateur de la qualité de vos snippets (title + meta description).
Répartition des pages par statut
Le morceau le plus actionnable. Chaque page reçoit un statut final calculé à partir de son trafic, sa position, son CTR et son rôle dans les cannibalisations détectées. Sept statuts possibles, chacun avec sa propre action recommandée.
Sur notre site, voilà la photo :
- 111 pages saines (1,5 %) — le noyau qui rapporte ;
- 157 à optimiser (2,1 %) — potentiel à libérer ;
- 1 951 faibles (25,7 %) — trafic anémique ;
- 4 709 zombies (62,1 %) — aucun clic, impressions quasi nulles ;
- 223 parasites (3 %) — captent du trafic au détriment d'autres pages du site ;
- 107 cannibalisées (1,4 %) — partagent leurs requêtes avec d'autres URLs internes ;
- 328 à vérifier (4,3 %) — données insuffisantes pour trancher, à regarder manuellement.
Le vrai message. 1,5 % de pages saines, c'est évidemment très bas — mais c'est très courant sur un gros catalogue e-commerce où Google indexe automatiquement chaque fiche produit, chaque variation, chaque page de pagination. Le but n'est pas d'avoir 100 % de pages saines : c'est d'identifier celles qu'on peut faire monter, et de neutraliser celles qui font du mal.
Étape 4 — Lire la courbe d'évolution
Juste sous les trois blocs, le Dashboard affiche une courbe d'évolution journalière. Quatre métriques superposables : clics, impressions, position, CTR. Par défaut, clics + impressions activés. Très utile pour repérer une chute de trafic et la dater précisément.

Détail qu'on apprécie : les updates Google publiés sur le Google Search Status Dashboard (core updates, spam updates, incidents de ranking ou d'indexation) sont projetés directement sur la courbe sous forme de traits verticaux rouges. Au survol, le tooltip affiche le titre et la date de l'update. Si votre site a pris un coup pendant un core update, vous le voyez d'un seul coup d'œil — plus besoin de croiser à la main avec un site externe.
Étape 5 — Traiter les pages parasites
Maintenant qu'on a la photo, on attaque. Mon réflexe sur un gros site : commencer par les parasites. Une page parasite, c'est une page qui perd du trafic au profit d'une autre URL du site — typiquement un vieil article qui rafle des requêtes que vous voulez orienter vers une page plus récente et mieux faite. Tant qu'on laisse le parasite en place, le trafic se disperse et la bonne page n'arrive pas à émerger.
Direction l'onglet Pages, filtre statut sur parasite. Tri par défaut sur le score de priorité : on commence par le haut.
Ouvrir une page parasite : l'écran décisif
Clic sur une ligne, la modale détail s'ouvre. C'est l'écran le plus important du module : on a tout pour décider, sur une seule vue.

Exemple concret pris dans notre audit. La page numéro 1 dans le classement des parasites :
- 26 requêtes captées, position moyenne 11,3 ;
- 2 137 impressions sur 90 jours ;
- 2 clics au total (CTR ~0,1 %) ;
- score de cannibalisation 65,8/100, score de valeur SEO 39,5/100.
Verdict en clair : cette URL est visible sur 26 requêtes intéressantes, mais elle ne convertit quasiment aucune impression en clic. Et la moitié de son trafic est capté par une autre URL du site qui s'est mise à ranker mieux qu'elle entre-temps.
Bloc « URLs du site en concurrence sur les mêmes requêtes »
Sur la modale, ce bloc d'alerte en bas fait tout le travail. Pour chaque URL gagnante du site identifiée, Horusium affiche :
- le nombre de requêtes en concurrence (cliquez, un tooltip déroule la liste complète) ;
- la part du trafic de la page courante qui part vers l'URL gagnante ;
- une barre de répartition des impressions sur les requêtes communes — segment bleu = vous, segment rouge = l'URL gagnante.
Dans le cas du parasite numéro 1, le bloc identifie deux URLs gagnantes du site et l'action fusionner est recommandée : rediriger l'ancienne URL en 301 vers la nouvelle, consolider le contenu si nécessaire, et avancer. En quelques minutes par page, on neutralise une fuite. À l'échelle de 223 parasites, c'est un gros levier.
Étape 6 — Faire le ménage : zombies et pages faibles
Une fois les parasites traités, on s'attaque au plus gros volume : les zombies et les faibles. Sur notre site, ça représente 6 660 pages à elles deux — la majorité écrasante du catalogue.
Petit rappel des définitions :
- Zombie : aucun clic et impressions quasi nulles sur la période. Ces pages n'apportent rien au SEO du site, et leur accumulation dilue le budget de crawl de Google ainsi que l'autorité du domaine.
- Faible : très peu de clics et peu d'impressions. Page existante mais trafic anémique.
Sur un gros catalogue e-commerce, on retrouve typiquement deux familles de zombies :
- Les fiches produit jamais cliquées — variations de couleur ou de taille, références anciennes, produits non référencés dans le menu. Action : si elles sont vraiment orphelines et sans potentiel, on les désindexe (balise meta robots noindex) ou on les déréférence progressivement. Si elles ont un potentiel commercial, on revoit leur fiche (titre, description, photos, intégration au maillage interne).
- Les pages éditoriales périmées — vieilles actualités, articles d'événements passés, pages de promo expirées. Action : archiver, rediriger vers le hub de catégorie, ou retravailler s'il y a encore un sujet récurrent.
Pour faire ce tri sur des milliers d'URLs, on s'appuie sur trois outils du module :
- le tri par score de priorité : même chez les zombies, certaines portent quelques dizaines d'impressions et méritent un coup de chiffon plutôt qu'une désindexation brutale ;
- les tags par regex pour regrouper les URLs par famille (pagination, version anglaise, vieux articles d'actu…) et masquer d'un clic celles qui ne devraient pas peser dans le diagnostic — détaillé dans le bonus en fin d'article ;
- l'export CSV de l'onglet Pages, qu'on ouvre dans un tableur et qu'on partage avec l'équipe de production pour arbitrer en masse.
Une règle non négociable : on ne désindexe ou ne supprime jamais sans relire la page. Aucune des actions recommandées par Horusium ne s'exécute automatiquement — c'est de l'aide à la décision, pas un pilote automatique. La connaissance métier reste votre seule arme pour trancher.
Étape 7 — Saisir les opportunités
On a fait le ménage. Maintenant, on cherche les pages qui peuvent monter facilement. C'est tout l'objet de l'onglet Opportunités : il identifie les requêtes Google où votre site a déjà une visibilité, mais où le trafic n'est pas à la hauteur du potentiel.

Trois types détectés :
- CTR faible : position correcte (top 8), mais peu de clics. Le snippet (title + meta description) ne donne pas envie de cliquer. Action : optimiser le snippet.
- Dispersée : plusieurs URLs du site se positionnent sur la requête sans qu'aucune domine vraiment. Action : consolider sur une page, ou créer une page dédiée si la requête le mérite.
- Sous-exploitée : position en page 1 basse ou page 2 (positions 8 à 30), CTR sous la moyenne attendue. Action : travailler le contenu pour grimper, ou créer une page mieux ciblée.
Sur notre audit, on retrouve 140 opportunités CTR faible, 30 dispersées et 30 sous-exploitées. Le top du classement est impressionnant :
Une requête en position 4,7 sur Google, avec 24 763 impressions en 90 jours… et 7 clics. CTR : 0,03 %. Le snippet n'attire absolument pas le clic. Quelques minutes pour réécrire le title et la meta description, et c'est potentiellement plusieurs centaines de clics gagnés sur la même période sans toucher au contenu.
Chaque ligne d'opportunité peut être dépliée pour voir les URLs positionnées, leur CTR vs CTR attendu, leurs impressions et leurs clics. À partir de là, on a tout ce qu'il faut pour décider laquelle on travaille en priorité.
Chaîner vers les autres outils Horusium
Dans la colonne Outils de chaque ligne, le picto tête de faucon ouvre un menu qui chaîne la requête vers les autres modules d'Horusium : lancer un audit SEO sur l'URL + mot-clé, démarrer une rédaction SEO sur la requête, ou faire une recherche de mots-clés autour. Le formulaire s'ouvre prérempli dans un nouvel onglet : pas besoin de retaper, pas de copier-coller d'URL. Si une ressource existe déjà sur votre compte (un audit précédent par exemple), un lien direct vers l'existant apparaît également.
Étape 8 — Surveiller les tendances
Dernier onglet, et pas le moins utile : Tendances. Il identifie automatiquement les URLs en croissance et les URLs en déclin sur la période, en comparant deux fenêtres consécutives.

Trois découpages au choix : moitié / moitié sur la période, 30 j vs 30 j, ou 7 j vs 7 j. Et trois métriques : clics, impressions, position (gain = remontée dans la SERP, pas l'inverse). Pour chaque URL listée, une mini-courbe d'évolution s'ouvre au clic, avec les updates Google projetés dessus — exactement comme la courbe du Dashboard, mais centrée sur l'URL.
Côté méthode, je regarde toujours les deux sens, et pas seulement les progressions :
- Les URLs en croissance me disent ce qui marche actuellement — où mettre du maillage interne supplémentaire pour accélérer, où chercher d'autres opportunités similaires.
- Les URLs en déclin sont mon système d'alerte : une page qui chute sur ses clics ou ses positions, c'est souvent le signal d'un problème récent — concurrent qui a sorti un contenu plus complet, update Google, problème technique, contenu obsolète…
Bonus — Tags par regex pour piloter un gros site
Quand un site dépasse quelques centaines de pages, regarder un tableau « à plat » de 7 586 URLs devient illisible. Le module propose une fonctionnalité qui change tout : les tags par regex.

Le principe : vous définissez des règles nommées (une expression régulière + un libellé) qui qualifient automatiquement vos URLs. Sur notre site, on a posé huit règles utiles :
- Joaillerie (pages de catégorie produit principales) ;
- Diamant (sous-catégorie spécifique) ;
- Conseil (pages éditoriales / guides d'achat) ;
- Actualités (vieux articles d'actu) ;
- Page (pagination des listings) ;
- Plan du site, Home, Anglais (segments hors périmètre) ;
Chaque URL hérite ensuite de ses tags automatiquement dans le tableau, et les badges sont cliquables. Mais le vrai pouvoir est ailleurs : vous pouvez masquer un tag d'un clic, et tout le diagnostic est recalculé en temps réel en ignorant les pages tagguées. Concrètement :
- Masquer Anglais : on ne pilote que le périmètre français. Les ratios « pages saines », « zombies », « parasites » se recalculent uniquement sur le périmètre fr.
- Masquer Actualités : on enlève les vieux articles d'actu pour ne piloter que le catalogue produit + l'éditorial vivant.
- Masquer Page : on enlève les pages de pagination (qui sont structurellement zombies sans que ce soit un problème) pour avoir une lecture plus juste du catalogue réel.
Au survol d'un tag, un tooltip affiche la part de clics et d'impressions captée par ce segment du site. Très utile pour savoir où se trouve vraiment votre valeur SEO avant de décider sur quoi concentrer les efforts.
Petite astuce : la modale Configuration permet de copier vos règles (presse-papier) ou de les charger depuis un autre audit. Très utile quand on relance un audit du même site — sur une autre période, ou simplement plus tard pour suivre l'évolution : pas besoin de redéfinir les huit règles, on les rejoue telles quelles sur le nouvel audit. Et accessoirement, si vous gérez plusieurs sites avec une structure similaire, vous pouvez aussi transposer une regex « pagination » ou « version anglaise » d'un site à l'autre.
La méthode, en résumé
On part d'une vue extérieure (les données Search Console) qu'on transforme en plan d'action priorisé en six étapes : lecture du Dashboard, traitement des parasites, ménage des zombies et pages faibles, saisie des opportunités, surveillance des tendances, segmentation par tags pour les gros sites.
Ce qui rend la méthode rentable, c'est l'ordre d'attaque. On commence par neutraliser les fuites (parasites) avant de pousser les opportunités : pas la peine d'investir sur un nouveau contenu si une vieille page rafle les requêtes au passage. On nettoie, puis on accélère. À chaque cycle d'audit (tous les 3 ou 6 mois selon votre rythme éditorial), on remesure et on ajuste.
L'outil fait le diagnostic et propose le plan ; les arbitrages — qu'est-ce qu'on supprime, qu'est-ce qu'on garde, qu'est-ce qu'on fusionne — restent vôtres. C'est précisément ce qui rend la démarche reproductible d'un site à l'autre, sans recette magique.



